|
Titre
: Nonno,
Un Juif d’Egypte |
Editions
:Harmattan |
|
Les années se
sont écoulées depuis l’éparpillement de notre Communauté. Lentement,
les souvenirs sont resurgis, et des livres de mémoires et de récits ont
été publiés en français et en anglais, ainsi que des romans qui
s’inspiraient des traits si particuliers des Juifs d’Egypte :
leur manière de rouler les « rrrr » en parlant le français,
la manie pour certains d’entre eux de mêler l’arabe égyptien avec le
français ou le ladino, leurs préférences alimentaires, leur intégration
remarquable dans toutes les couches de la société égyptienne etc. |
|
|
« Nonno, Un Juif d’Egypte »
est en fait l’histoire d’une famille qui quitte Alexandrie en Décembre
1956, et laquelle, après un court séjour en France, décide d’émigrer
en Israël. Faute de pouvoir s’adapter à la vie à Beer Sheba, loin de
la mer, dans les conditions qui prévalaient à l’époque, c'est-à-dire
des conditions matérielles très difficiles, la famille, qui n’avait
pas renoncé à sa nationalité française, décide de retourner en France
en 1960. Elle finit par s’installer à Villiers-le-Bel, dans cette
« ville nouvelle » bâtie par la Caisse des Dépôts et
Consignation à partir de 1958 et qui finit par abriter quelques milliers
de juifs d’Egypte dans la grande banlieue parisienne. |
|
|
La partie qui touche à la période
de la vie en Egypte est recréée par l’auteur au travers de ses
souvenirs très fragmentaires (elle a quitté l’Egypte quand elle avait
trois ans) et ce qu’elle a pu en apprendre par ses parents, ses
grands-parents et leurs amis. Dans l’ensemble, cette partie est auréolée
du mythe de la « belle vie » que l’on retrouve dans tant de
récits d’exilés. L « ‘avant » est très souvent perçu
comme ayant été bien meilleur à tous points de vue que le « présent ».
Et dans le cas de bien des familles, il est très plausible que la vie en
Egypte leur souriait bien plus qu’après leur transplantation dans un
pays d’accueil et que ce qu’ils en ont raconté à leurs enfants se
teintait de nostalgie et de regrets pour la « belle vie » antérieure. |
|
|
L’auteur raconte la célébration
des fêtes juives, la fréquentation de la synagogue avec son père, les
anecdotes que celui-ci aimait raconter à ses enfants et petits-enfants,
l’habitude des parents à parler arabe entre eux et de savourer les
quelques bribes de la culture populaire égyptienne qu’ils avaient pu
retrouver grâce à des films et des disques égyptiens achetés en
France. |
|