A.J.O.E - Association des Juifs
Originaires d'Égypte

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Mise à jour du site - Février - Mars 2008


Critique

 

L'"Exode" version contemporaine

LE MONDE | 15.02.08 | 15h49  •  Mis à jour le 15.02.08 | 15h49

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Le monde arabe abritait en 1945 900 000 juifs. Il en reste désormais quelques milliers. La population juive a été contrainte à l'exil, disparition quasi absolue. L'historique et l'analyse de cet exil constituent le coeur de l'essai de Nathan Weinstock, spécialiste du monde juif d'Europe centrale et auteur en 2004 d' Histoire de chiens : la dhimitude dans le conflit israélo-palestinien (éditions Mille et une nuits), étude du statut avilissant imposé aux non-musulmans en terre d'islam, tenus par la charia à une condition d'infériorité structurelle.

La question du dhimi est inséparable de l'histoire du départ forcé des communautés juives d'Orient et du Maghreb, tant ce statut prépare le terrain de la spoliation. On peut se demander si tout est réductible à ce seul et unique paramètre. En tout cas, pour Nathan Weinstock, cette épuration ne s'explique pas par l'absence d'intégration des communautés juives aux populations du Proche-Orient ou d'AfriqueduNord. Au contraire, la communauté juive, autochtone au sens fort du terme, y était installée plusieurs siècles avant la naissance de l'islam.

Cet exode ne saurait non plus être motivé par l'indifférence de cette même communauté aux luttes contre les colonisateurs. C'est oublier le rôle prépondérant joué par beaucoup de juifs en Egypte au sein des mouvements nationalistes, ou de celui des militants juifs membres des partis communistes d'Afrique du Nord, d'Irak et de Palestine.

Quant à la supposée adhésion des communautés juives au mouvement sioniste, geste fatal qui les aurait mises en porte-à-faux avec leur pays d'origine, il s'agit d'un cliché. L'implantation du mouvement sioniste dans la région s'est révélée, au contraire, fort laborieuse. Ses partisans se sont heurtés à l'indifférence générale ou à une franche opposition. Et lorsque les juifs des pays arabes sont partis en Israël, ce fut d'abord pour sauver leur intégrité physique.

A la lueur de ce désastre, qui se solde par un monde arabe vidé de ses juifs, Nathan Weinstock effectue plusieurs regroupements. Il y a le cas de l'Algérie, où le choix de donner à la lutte pour l'indépendance nationale le caractère d'un affrontement interethnique aboutit à l'élimination de la minorité non musulmane. Celui de l'Egypte, de la Syrie, de l'Irak, dans une moindre mesure du Maroc et de la Tunisie, où l'objectif du pouvoir en place est de confisquer les biens de la minorité juive. Enfin, les départs des juifs de Libye, de Syrie et d'Irak s'expliquent par les pogroms et attentats successifs qu'ils doivent endurer de façon plus ou moins régulière.

Il est impossible de ne pas mettre en perspective cet exode avec un autre : celui d'une partie de la population arabe de la Palestine mandataire à la suite de la guerre d'indépendance de l'Etat d'Israël, en 1948. Cette question des réfugiés se trouve aujourd'hui au coeur, avec celle de Jérusalem et des frontières, des pourparlers israélo-palestiniens. Un problème posé avec acuité par l'auteur. "A lui seul, écrit-il, l'étrange mutisme qui enveloppe la question de l'exode total de la population juive de l'aire culturelle arabe est déjà l'indicatif d'un profond malaise. Pourquoi ce silence assourdissant qui contraste sérieusement avec la ferveur qui caractérise l'engagement pour la cause des réfugiés palestiniens ?" Nathan Weinstock suggère au monde arabe de se confronter à l'expulsion de ses juifs, et donc à sa propre histoire. "Israël est un véritable cancer greffé sur le monde arabe. Ce que nous voulons, nous autres Arabes, c'est être. Or nous ne pouvons être que si l'autre n'est pas", déclarait en 1982 Ahmed Ben Bella, citation reprise dans le livre de Weinstock.

On le sait, la paix au Proche-Orient passe par le courage des politiques. Mais elle ne saurait advenir sans une révolution profonde des mentalités.


UNE SI LONGUE PRÉSENCE. COMMENT LE MONDE ARABE A PERDU SES JUIFS (1947-1967) de Nathan Weinstock. Editions Plon, 358 p., 23 €

Samuel Blumenfeld

Article paru dans l'édition du 16.02.08

 


Mise à jour du site - Novembre Décembre 2007


 

Vivianne M. Schinasi-Silver’s
42 Keys to the Second Exodus
Sunday, October 28th, 2007

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ENTRAPMENT.

Roman de  Suzy Vidal
Tout commence par une  vieille  photo. Une grand’mère  qui  répond  à sa  petite  fille  et qui  lui  raconte l’histoire de Rahel.

Rahel est  une petite  Cendrillon  Juive  vivant en  Egypte entre  1930 et  1948.

Suzy Vidal  se sert de sa  fine  connaissance  de la  société  égyptienne à  la  fois  cosmopolite  et  nationaliste,  pour décrire  la détresse  d’une famille juive se  battant  pour survivre après la mort  du  père.  Cette détresse  contraint la  belle Rahel  à renier  ses origines et  à épouser  un officier  égyptien  haut  placé.  Rahel, devenue Amal, lors  de  son  mariage  mènera une double  vie.  Aux côtés de  son  époux elle sera une  princesse de  conte  de  fée et aux  côtés d’un ami d’enfance  elle  sera  un  agent  secret  sioniste.  Et  puis…  je ne  vous  en dirai  pas  plus.  Ce roman  ,  qui mêle l’amour,  à la  guerre, à l’histoire contemporaine se lit  d’une traite. Et  puis vous  aurez le  choix  entre  plusieurs  dénouements  possibles.  Vous choisirez  la fin  qu vous correspond. 

Bonne lecture.

Simone Diday