Plus tard, vinrent s'ajouter les bottes, les chaussures, les cannes et les parasols (assemblés en partie dans une usine à Istanbul). De même la quincaillerie, articles de ménage, articles de voyage et ameublement, de faux bijoux modernes qui vinrent briser les conventions traditionnelles des bijoux en or, des instruments de musique européens et des gramophones. En 1908, Orodi-Back produisit les disques du fameux chanteur égyptien Yusuf al-Minyalawi. Pendant la première décennie du 20e siècle, Orosdi-Back possédait également une usine de montres à La Chaud de Fond en Suisse.
Plus tard, vinrent s'ajouter les bottes, les chaussures, les cannes et les parasols (assemblés en partie dans une usine à Istanbul). De même la quincaillerie, articles de ménage, articles de voyage et ameublement, de faux bijoux modernes qui vinrent briser les conventions traditionnelles des bijoux en or, des instruments de musique européens et des gramophones.
Le personnel dans les grands magasins était en général plus élevé en nombre que celui dans l'industrie naissante (quelques centaines par entreprise). Plusieurs chefs de rayon et employés supérieurs étaient des hommes, tandis que les clients étaient servis par des vendeuses (cet aspect ne gagna jamais le statut littéraire de Au Bonheur des Dames de Zola, mais il surgit occasionnellement au cinéma égyptien). Une bonne partie des employés étaient des juifs et “de bonne famille”. Les vendeuses se devaient de parler quatre à cinq langues: l’arabe, l’anglais, l’italien, parfois le grec et toujours le français.”
Le Déclin
Un certain déclin se fait déjà sentir pendant les années trente. Les succursales à Tanta et à Zaqaziq sont forcées de fermer. Avec le nationalisme économique croissant, surgissent de temps en temps des boycottages de marchandises européennes, et les grands magasins authentiquement égyptiens font leur apparence.
La Révolution nassérienne enfin évinça l’élite étrangère résidentielle, neutralisa sa propre bourgeoisie indigène, séquestra et nationalisa les grands magasins. En réduisant sévèrement l’importation de marchandises, le régime des Officiers Libres croyait jouer ainsi un rôle économique, pour le profit des grands magasins
nationalisés.
Les Egyptiens - dans une démonstration de force juste avant l'accord final d’août 1958 - acquirent Orosdi-Back. Dorénavant, les magasins adoptèrent exclusivement le nom d’Omar Effendi. Ironiquement, c’était un retour à un ancien titre ottoman effendi, qui avait été aboli par la Révolution. Mais, à l'insu des égyptiens c'est aussi le nom antérieur du magasin qui avait été construit au quartier Eminönü à Istanbul aux environs de 1907, et qui existe toujours au même emplacement.
La nationalisation conduisit les grands magasins vers une médiocrité grise, vendant des marchandises de basse qualité. Des plaintes s'élevèrent contre les prix exagérés et les grands stocks restés invendus. Mais en dépit de la nationalisation, les affaires se développèrent; Omar Effendi détient aujourd'hui 82 magasins. Les années soixante-dix, années de l’Infitah et d'une certaine libéralisation des importations, mêlaient une fois de plus les cartes. Avec la mondialisation, des shopping malls furent construits au Caire (récemment, un mall Carrefour à Ma`adi, copie du Carrefour français).
A partir de 1996, le gouvernement égyptien s'est embarqué dans un programme de privatisation de certaines sociétés, qui furent nationalisées dans le passé. La vente d'Omar Effendi fut la première transaction d'un long processus. Un grand débat eut lieu, non seulement sur le principe même de la privatisation, mais aussi sur le prix de 'l'ancienne diva' qu'était Orosdi-Back. Ironiquement, des critiques nationalistes trouvaient le prix trop bas (pour un bien que le gouvernement avait lui-même obtenu pour un prix également trop bas). L'acheteur saoudien, Anwal United Trading Co., acquit en 2006 la chaîne Omar Effendi, pour le prix de LE 589.5m. (a peu près NIS 390 m.). La chaîne représente de grandes marques de mode françaises et internationales de consommation luxueuse, comme Etam, OshKosh, Kookai, Jacadi et Bottega Verde. Les nouveaux propriétaires espèrent évidemment vendre ces produits de luxe en Egypte aussi, et - sans le dire explicitement "sur les bases d'un succès d'origine juive" - de ramener Omar Effendi à sa belle notoriété d'antan.
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Du même auteur: "Who Needed Department Stores in Egypt? From Orosdi-Back to Omar Effendi", Middle Eastern Studies, vol. 43/2 (2007), pp. 175-192 ; et European Department Stores and Middle Eastern Consumers, the Orosdi-Back Saga ( Istanbul: Ottoman Bank and Archives and Research Centre 2007) |